Réunions

Mardi 16 avril 2019

Enumérons en préambule les obstacles auxquels nous avons été tour à tour confrontés et que nous avons su adroitement contourner :

pas d’Internet à la Rimessa ni de réseau sur le smartphone de votre Secrétaire, impossibilité pour notre PC de lire la vidéo encodée qui présentait la première photo d’un trou noir.

Malgré l’absence de connexion, la lecture du compte-rendu de la séance précédente, rédigé sur notre site, fut néanmoins possible car ce document virtuel avait été doublé par son texte dactylographié sur un support aussi fiable que du papier. Quant à la vidéo, elle avait été sauvegardée trois fois et elle put tout de même être visionnée, tous les supports n’étant pas concomitamment corrompus. Remercions ici la perspicacité des opérateurs clairvoyants et prudents.

Philippe nous présenta ex abrupto et ex nihilo une page soigneusement arrachée du journal local montrant de loin la photo du trou noir situé dans l’objet de Messier M87 sis à quelques 50 millions d’années-lumière de Lumiu-Est… Son commentaire fut suivi et complété par la petite vidéo dont nous avons parlé plus haut qui vint fort à propos illustrer le sien.

Suivit la nouvelle séquence de nos soirées, dite « séquence poétique », générée par Janine. La lecture ex cathedra de ce texte écrit par Marion Rebérat et retranscrit sur papier bible eut lieu dans un calme… religieux. Le silence quasi mystique ne suffit toutefois pas à rendre audible notre lectrice. Il faut dire que l’acoustique déplorable de notre salle en était la cause principale. Lors de cette lecture passèrent deux petites vidéos voulant illustrer le court poème, mais la synchronisation du texte et des images ne fut pas au rendez-vous. Lorsque le ciel du désert d’Atacama était déjà rempli de milliers d’étoiles, Janine en était à compter : « une,… deux,… trois étoiles… ». Nous allons essayer de corriger nos balbutiements et cet intermède devrait mieux se passer dès que Paul amènera le matériel promis : à savoir un micro, un ampli et surtout la connectique idoine.

Notre Vice-Président vivement conforté par l’enthousiasme soulevé lors de sa précédente prestation se lança dans la présentation de systèmes stellaires triples, quadruples, quintuples, sextuples, septuples et nous dûmes l’arrêter, car la courbure espace-temps qui lui était impartie tendait à se rompre. En outre, pendant son analyse méticuleuse, lors de laquelle il s’éternisait un peu pour décrire leur généalogie céleste descendante en classant soigneusement les Aa, Ab, Ac et Ba, Bb, Bc… une voix féminine venue de la gauche de l’assistance s’éleva à plusieurs reprises faisant écho aux Ac pour lancer quelques « assez, assez » désespérés. Heureusement que l’acoustique de la salle déjà précitée ne permit pas à notre orateur préféré d’entendre cette exhortation provoquée par une lassitude naissante qui resta cependant très localisée. Il poursuivit donc sans remarquer non plus le tournis incoercible qui s’était emparé d’autres membres perplexes parmi l’assistance pantoise…

Comment imaginer, en effet, l’enfer que doivent supporter les habitants d’une exoplanète, d’une Superterre qui, le calcul des probabilités le prouve, doit forcément graviter autour d’une des étoiles d’un système décrit tel que celui de Castor (α Geminorum). Castor A et Castor B sont une paire d’étoiles binaires qui présentent une orbite relativement distante de deux autres paires binaires assez proches l’une de l’autre et dont les barycentres sont difficiles à déterminer.

Comment les habitants de cette hypothétique Superterre pourraient-ils donc trouver le sommeil avec les 6 soleils qui se lèvent et se couchent à des heures et à des moments qui en outre varient sans doute en fonction des différentes saisons ? Imaginez la complexité des graduations d’un simple cadran solaire qui voudraient tenir compte du déplacement des multiples ombres du gnomon, chacune générée par chacun des soleils ! Comment les astronomes de cette planète s’y prendraient-ils pour calculer leurs éphémérides ? Quand auraient-ils l’occasion d’examiner un ciel nocturne étoilé dépourvu de lunes et de soleils ? Comment les exo-jardiniers s’y prendraient-ils pour planter leurs salades et leurs choux s’ils s’obstinaient à vouloir tenir compte des lunaisons ? Imaginez le profit que feraient les laboratoires pharmaceutiques rien qu’en multipliant à l’infini leurs gammes de crèmes solaires aux multiples indices de protection ! Comment les exo-pharmaciens pourraient-ils conseiller ensuite les aoûtiens et les juilletistes locaux et autres exo-pinzutti soucieux de protéger leur peau délicate ?

Lorsque l’exposé de Paul prit fin, le public unanime fut rasséréné de retrouver son pied-à-Terre pourvu d’un seul Soleil et d’une seule Lune. Imaginez ce que serait l’embarras d’un Secrétaire d’un Club d’Astronomie quelconque habitant cette Super-Terre qui chercherait midi à quatorze heures ! On pourrait se le représenter en train de s’arracher les cheveux à supposer bien sûr que lui ne soit pas chauve.

Après ces quelques digressions délirantes terminons le compte-rendu de notre séance bimensuelle. Notre documentaire fiction « Voyage autour du Soleil » clôtura la soirée. Cette dernière séquence d’un récit qui nous aura tenu en haleine pendant trois mois relata le survol rapide de Pluton, bien moins spectaculaire que celui de la sonde New Horizons de la Nasa le 14 juillet 2015. L’épisode inclut in extremis une dernière péripétie : la visite impromptue d’une comète quelque peu vindicative qui semblait en vouloir personnellement à nos hardis explorateurs qui n’eurent que le temps de rejoindre à temps et indemnes leur vaisseau Pégasus. Tout l’équipage réuni finit par retrouver la Terre à part le médecin de bord dont la dépouille dérive dans l’espace interplanétaire pour l’éternité, à l’instar de Georges Clooney dans Gravity en train de lancer sa sempiternelle interrogation : what else ?

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